Tombée dans la boîte à couture.

J'ai été de ces petites filles qui n'aiment pas les poupées, qui ne jouent pas avec et les laissent gésir nues, les 4 fers en l'air dans une caisse à jouets. J'avais un ours en peluche qui suffisait à mon bonheur, avec lequel j'avais de longues et silencieuses conversations à coeur ouvert; mais pour autant je n'ai jamais joué à l'habiller, le soigner ou lui préparer un repas avec une dînette.

Plus tard, au collège, ma bonne potesse Evguénia est arrivée un beau matin avec un magazine absolument fabuleux dans son sac : le premier n° de Cent Idées sur la couverture duquel on voyait, si j'ai bonne mémoire, les costumes perlés de je ne sais plus quelle confrérie anglaise. Ca a été une révélation, un coup de foudre ! Il y avait tant de choses à voir et à réaliser là-dedans, des merveilles accessibles grâce aux pages d'explications (et à des coupes plutôt basiques, disons-le). J'ai ainsi commencé à acheter les numéros suivants, à passer de longues heures à les consulter et à tanner ma mère pour qu'elle m'initie au fonctionnement de sa machine à coudre.

Elle ne me donnait pas d'argent de poche mais ne m'a jamais refusé ce magazine, ni d'aller avec moi dans une boutique du centre-ville qui vendait toutes sortes de coupons à petit prix.

Cent Idées premier numéro, nostalgie

 

CentIdéesBlog.gif

Le blog des Centidéalistes, les archives réunies par les afficionadas !

 

Inutile de dire que mes premières créations furent plutôt approximatives, je me suis souvent retrouvée avec des coutures flageolantes, d'inexplicables écarts de niveau à la taille et des ourlets qui n'avaient rien d'arrondi. Qu'importe, je passais de délicieuses après-midi à tailler et piquer et rattrapais les ratés avec force épingles doubles qui scandalisaient ma mère , tout comme elle n'arrivait pas à admettre que je couse sans dé et remplace le "bâti" par une profusion d'épingles.

Au fil du temps, des essais et des erreurs, j'ai acquis la bonne technique et un vestiaire assez conséquent qui comportait surtout des jupes longues, des choses amples et fleuries, tout à fait dans l'esprit centidéaliste et hamiltonien que j'affectionnais.

DH.jpg

 

Quand ma première fille est née je lui ai confectionné des brassières en liberty, des petits chaussons chinois matelassés et plus tard des robes à partir des pulls shetland de son père (que le passage en machine à laver faisait ressortir feutrées et réduites à une taille xs).

 

Cent Idées a disparu, Marie Claire Idées est arrivé, j'ai inventé mes propres modèles et continué à sortir régulièrement la machine de sa housse même si j'avais un peu moins de temps pour moi.

Pour une fête d'école, une voisine m'avait demandé si je pourrais faire une robe à sa fille sur le thème de la Révolution française. J'ai ainsi réalisé un costume de petite marquise à crinoline qui eut un joli succès. Mais la plupart du temps je cousais pour moi et pour mes filles et plus rarement pour mon mari qui possède encore je crois une chemise d'été en tissu provençal du plus bel effet :))

 

Mon souhait aujourd'hui serait d'avoir assez de commandes via ma boutique Si&So pour me mettre à temps partiel de mon job et consacrer 3 jours par semaine à ma passion... Qui vivra verra !

Commentaires

  • Belle histoire de la naissance d'une passion !
    Bonne journée

  • Votre message m'a rappeller que moi aussi j'ai démarré par être centidéaliste et que cette revue m'a accompagné dans mes premiers "bricolages". Aujourd'hui j'anime un atelier créatif dans une association et j'ai enfin à 60 ans réalisé mon rêve.
    Je souhaite que vous aussi vous puissiez réalisé le vôtre.

Les commentaires sont fermés.